Ma très chère et fidèle grenouille de bénitier
Publié à 12:43 dans Sorties en peñas

M ais la voilà, tout là-bas… C’est elle… qui m’ouvre tout grand les bras…
A vec le sax alto, le piccolo et Jo… on a droit aux petits solos en duos…

T ous les mercredis, à la répétition… elle reçoit volontiers sa bénédiction…
R emarquez ! Elle ne l’a pas volée, c’est sûrement très mérité et convoité…
E t c’est son bon curé préféré qui lui fait miroiter, la botte, de carottes…
S urtout, pas un mot à personne. Non, non ! Mais je ne suis pas sa bonne !

C herchez l’erreur !… Nous sommes en chœur, comme frères et sœurs…
H a oui ! Dans la sacristie aménagée, il me reçoit, surtout dans la soirée,
E t ce calice, quel délice ! un caprice ? de la malice ? Il a tous les vices…
R egardez-le ! Ce grand cœur généreux ne demande qu’à être heureux…
E t son confessionnal, peu banal et convivial, se situe au Chai du Terral…

E n quelques mots, vous l’avez compris ! le curé se laisse encanailler… aussi…
T enue appropriée, soutane, souliers cirés, Cannes, il prend son pied en été.

F idèle mais sans les ailes, trop poli pour être honnête, il aime faire la fête…
I mpossible à maîtriser, l’eau du bénitier, très colorée, lui brouille les idées…
D epuis qu’il pratique la musique, il est devenu ecclésiastique, c’est magique !
E t il ne fait jamais de vélo, car ses vêtements «sacerdotaux»… Trop beau !
L orsqu’il me sourit, il m’éblouit, je suis ravie, j’ai redonné un sens à ma vie…
E t quand il me décrit le Paradis, sans souci et double vie, je lui dis « Merci » !

G agné ! La communion avec l’Esprit Saint nous rend sain de corps et d’esprit,
R arement l’on vit un couple si parfait, en osmose avec la liberté recherchée,
E ntre le bon curé assoiffé et sa grenouille de bénitier affamée, c’était O.K…
N otez qu’il régnait un silence pesant, il fallait souffler, de temps en temps…
O stie le dimanche et qui aura droit à la quête, en retroussant les manches ?
U ltimatum posé, babines abîmées, chopines à volonté, il m’a crevée, lessivée !
I l faut dire que nous étions tous rétamés, épuisés mais on s’est bien éclatés…
L’ambition et la boisson aidant, notre bon curé s’improvisa Pape, carrément !
L e pêché de chair, qui le hante jour et nuit, le poursuit… même aujourd’hui…
E t Monseigneur lui accorde la délivrance, une pénitence ; le voilà en transe…

D epuis que je le connais, il y a quelques années… il ne s’en est jamais vanté…
E t nous autres, bons apôtres, suivons les yeux fermés, cette brebis égarée…

B rebis, brebis, mais c’est vite dit ! Et qui c’est qui va le manger, à lui aussi ?
E t s’il rencontrait le loup, en chemin ? Je ne donne pas cher, de son destin…
N otre Seigneur, par la prière et quelques bières, lui redonnera l’envie, la vie.
I l ne faut pas oublier, qu’à force d’en rigoler, de ce curé… cela va lui rester…
T outes les ovations, acclamations, félicitations… Il va se faire des illusions…
I l faut l’empêcher de se prendre la grosse tête… Sortez-lui sa trompette !
E t en gentil garçon qu’il est, poli et joli, il me remercie, avec de gros mimis…
R égalez-vous, profitez-en et la belle vie, sans souci, durera très longtemps…

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