Mon petit canotier sétois…
Publié à 16:11 dans Joutes languedociennes

Hautbois et tambour sur la barque rouge

L’histoire que je m’en vais vous conter, est celle de mon canotier. Elle a commencé comme un conte de fées en 1996. En tant que musicienne chevronnée mais aussi partisan des traditions sétoises, l’idée m’est venue un jour d’apprendre le hautbois languedocien pour jouer sur les barques de joutes. Donc en 3 mois, vite fait bien fait, j’ai pratiqué cet instrument aux sonorités criardes avec l’aide de mon «gourou» (que j’adore !)… Hé oui, c’est “la secte du hautbois”…

Avec lui, j’étais fière comme Artaban… C’était mon premier grand défilé, un dimanche matin très ensoleillé. A mes côtés, mon collègue que je badais. Nous étions tous habillés en blanc, pantalon, chemise et cravate, s’il vous plaît ! Le petit canotier en biais, façon Maurice Chevalier, je soufflais dans mon biniou. On accompagnait tous « les Chevaliers de la Tintaine (1) » au coeur de la ville. Soudain, sur le pont, une bourrasque de vent et voilà mon chapeau qui s’envole, évidemment… J’ai couru après car j’y tenais… La surprise passée, le lendemain, d’une élastique je l’avais doté pour ne plus jamais être séparés.

En fait, je ne l’ai pas vraiment choisi, il m’avait été offert très gentiment par mon oncle pour cette joyeuse occasion. Une main sympathique, le destin, nous avait réuni à tout jamais… Je l’aime bien, mon canotier, car c’est “mon” premier chapeau. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux, il me va comme un gant, bien à ma taille. Une couleur paille claire avec un grand rebord. Le ruban rouge ou bleu marqué “hautboïste” tient comme par miracle avec un petit noeud serré sur l’arrière. L’élastique, bien sûr, n’est plus en option…

Depuis treize années de “vie commune”, je le porte fièrement à tous les tournois de joutes auxquels je participe. Je n’en ai jamais acheté un autre. Il est tordu, cousu de fil blanc sur les rebords, l’élastique détendu mais il est à moi, rempli de souvenirs de joutes, une attache à ma famille… Il est plusieurs fois aussi, passé à l’eau… mais il vaut mieux lui que moi… n’est-ce-pas ??? Quand les tournois sont enfin terminés, et pour le préserver, il change de tête et s’en retourne à sa place,  sur celle du gros nounours de ma chambre, à la villa de mes parents.

(1) Tintaine (terme sétois) : planche en bois arrimée en haut de chaque barque, sur laquelle montent les jouteurs pour livrer leur combat.

2 commentaires pour Mon petit canotier sétois…

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  1. Coucou !

    Depuis le blog de Lisette je suis venu lire l’histoire de ton petit canotier Sètois .

    Bonne soirée Françoise !

  2. Bonjour,

    C’est chez Lisette que j’ai lu l’histoire du canotier, ce qui m’a donné envie de venir faire connaissance avec toi.

    Passe une bonne journée, chez nous il pleut…
    Josiane.